Conseil Régional de Bourgogne

Session plénière du 20 février 2012 INTERVENTION DE POLITIQUE GENERALE
de Philippe HERVIEU président du groupe des élus EELV au CR de Bourgogne

Conseil Régional de Bourgogne  dans Europe-Écologie - Les VERTS 6c2d102fa9

« Est-ce qu’en travaillant plus, les Bourguignons ont gagné plus? »

Monsieur le Président, Chers collègues,

Nous arrivons au bout de ces 5 ans de mandat présidentiel, et je me posais la question de savoir ce que les politiques gouvernementales avaient eu de positives pour la Bourgogne.
Est-ce que Nicolas Sarkozy a impulsé des politiques favorables à notre Région ?
Les bourguignons sont-ils plus heureux aujourd’hui qu’en 2007 ou, à défaut, ont-ils plus d’espoir ?
Est-ce que la RGPP, est ce que la politique de l’emploi, est-ce que la politique industrielle avec les pôles de compétitivité ont fait progresser notre territoire et ses habitants ?
Est-ce que la réforme des collectivités, la réforme de la santé, la réforme de la justice, comme toutes les reformes que le candidat de 2007 nous présentait comme importantes pour changer le destin de la France ont eu un impact positif pour la Bourgogne ?
Est-ce qu’en travaillant plus les Bourguignons ont gagné plus ?
J’ai eu beau chercher, j’avoue que j’ai du mal à trouver dans quel domaine la situation des bourguignons s’était améliorée à l’issue des réformes entreprises.
Certainement pas en terme d’emploi en tout cas puisque notre région est plus que d’autres gravement touchée par le chômage.
Et ce malgré tous les efforts de notre collectivité. Quels sont les résultats en emploi des pôles de compétitivité ?
Je dirais même plus quel est l’espoir d’emploi d’un Pôle Nucléaire Bourguignon ?
Vous connaissez mon avis sur le sujet, c’est en l’état une catastrophe industrielle annoncée qui sera grave pour la Bourgogne.
Alors j’entends bien les élus de l’UMP, me dire, vous ne vous rendez pas compte, entre 2007 et aujourd’hui il y a eu la crise financière mondiale, la crise des subprimes, toutes choses qui ont empêchées nos politiques d’être efficaces.

La réalité est que les politiques gouvernementales sont plombées par trois erreurs fondamentales qui ont amené le
gouvernement à faire trois fausses routes.

Première fausse route, la plus grave car elle est idéologique, celle qui consiste à penser que plus les riches sont riches, mieux le
pays se porte car ceux-ci réinvestissent et redistribuent en définitive à l’ensemble de la population.
C’est l’idée de base des lois TEPA, du bouclier fiscal, des allègements des droits de succession, de l’impôt sur la fortune, des niches
fiscales etc…
Une fois pour toutes, mesdames et messieurs de la droite, rendez vous compte que cette idée n’est pas bonne. Comprenez que c’est l’inverse !
La mauvaise répartition des richesses est avec la raréfaction et donc le renchérissement des matières premières la principale cause de la crise économique que nous vivons. C’était d’ailleurs aussi l’origine de la crise de
1929. Mais nous n’avons retenu la leçon que jusqu’aux années 80.

Deuxième erreur majeur : la gestion de la crise de la zone euro, gestion qui a consisté à imposer aux pays les plus en difficulté une
austérité de fer sans pour autant que les autres Etats ne fassent de leur côté d’efforts significatifs pour relancer la machine.
L’ensemble de la zone euro tombe en récession ; nous atteignons en Bourgogne, comme ailleurs, les niveaux record de chômage des années 1990.
Et comme on pouvait s’y attendre la situation des pays en crise s’aggrave, comme la nôtre d’ailleurs.
Le gouvernement a mené cette politique pour rassurer les marchés, or ça les a inquiétés davantage. Et loin d’en déduire qu’ils s’étaient trompés, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont tiré la conclusion qu’ils n’étaient allés ni assez loin, ni assez vite sur la voie de l’austérité.
D’ou le nouveau projet de traité européen censé renforcer encore la discipline budgétaire.
Qu’on ne se méprenne pas !
Il ne s’agit pas de soutenir que la montée de l’endettement n’est pas un problème qu’il n’y aurait pas lieu de chercher à réduire.
Mais austérité sans relance concomitante aboutit comme prévu à une catastrophe économique et sociale.

Enfin La troisième erreur de ce quinquennat a été la gestion calamiteuse de la question environnementale.
Question environnementale une nouvelle fois instrumentalisée, cette fois-ci au travers du Grenelle de l‘environnement.
Que reste t-il concrètement de positif de cette mascarade ?
Où est le progrès en Bourgogne sur la question de la biodiversité?
Certainement pas en basse vallée du Doubs où il y avait un projet de création de parc naturel…
Avec les trames vertes et bleues ? Non opposables juridiquement elles ne seront rien d’autre que de belles études qui prendront la
poussière dans nos archives.
Où est le progrès sur la question de l’eau?
En Bretagne les associations environnementales n’arrivent toujours pas à faire reconnaître le lien entre nitrates et algues verts, liens
qui sautent aux yeux de tout le monde.
Où est le progrès sur la question des énergies renouvelables ?
La filière photovoltaïque est désormais moribonde, quand aux éoliennes elles sont désormais classées ICPE, histoire de ralentir encore plus leurs installations.
En Bourgogne, seule notre collectivité se bagarre sur ce terrain via le cluster éolien, pendant qu’à Beaune, par exemple, les élus de
la ville votent contre tout projet, ou que dans le nord Côte d’Or, les élus du parc s’empressent d’agrandir la zone d’exclusion des
éoliennes.
Où est le progrès sur les pollutions diffuses, la forêt, bien menacée dans le Morvan avec les projets de méga scierie soutenus par l’Etat ?
Où sont les mesures incitatives pour plus de respect de l’environnement dans les politiques économiques, dans les transports, dans
l’aménagement du territoire ?
Une question : A quoi va servir le nouveau circuit automobile dit de l’Auxois, circuit situé à 15kms de celui de Prenois ?
Voila pourquoi, chers collègues, après avoir énuméré ce que je crois être les principales raisons de la situation difficile dans
laquelle nous nous trouvons, il est temps que ce quinquennat s’achève, afin que nous puissions repartir du bon pied et que la
Bourgogne et les bourguignons puissent reprendre espoir.

Philippe HERVIEU