Nicolas Guillement: « Je serai bien le candidat du PS et des Verts »

Nicolas Guillement: « Je serai bien le candidat du PS et des Verts » dans Europe-Écologie - Les VERTS logoNicolas Guillement. Le candidat au centre de la polémique avec le PS dans le Charolais. « Je serai bien le candidat du PS et des Verts »

article du JSL le 15/01/2012par Par Florence Poli.

nicolas-guillemet-a-grandi-a-bourbon-lancy-d-ou-sa-famille-est-originaire-il-vit-aujourd-hui-a-besa dans Législatives 2012
Nicolas Guillemet a grandi à Bourbon-Lancy d’où sa famille est originaire. Il vit aujourd’hui à Besançon où il enseigne les sciences de la vie et de la Terre en collège et lycée.

Nicolas Guillemet persiste : il sera bien le candidat soutenu par Europe écologie – Les Verts et le Parti socialiste sur la 2 e circonscription (Charolais, Brionnais).

Jeudi, le responsable de la fédération socialiste est revenu sur les conditions dans lesquelles l’accord a été négocié entre sa direction et EELV (le JSL du 13 janvier 2011). Pour le PS, soutenir une candidature écologiste dans le Charolais-Brionnais est synonyme de défaite. Comment réagissez-vous ?

Je ne comprends pas comment Arnaud Montebourg peut expliquer, pendant sa campagne des primaires, qu’il faut moraliser la vie politique puis, chez lui, ne pas respecter un accord signé par son parti. Cet accord n’a pas été, comme il tente de le faire croire, signé sur un coin de table à Paris. Cet accord a été discuté pendant un an.

Comment expliquer ces difficultés à vous mettre d’accord sur les postes électifs ?

Les socialistes sont comme nous : ils n’ont pas le choix. S’ils veulent gouverner, ils ne peuvent le faire sans nous. Ça tombe bien : on a un solide socle de valeurs communes. Il y a aussi des divergences. Mais franchement, il y a sans doute plus de différences entre deux socialistes de courant différent qu’entre le PS et EELV. Ces convergences politiques ont permis à nos partis de discuter en premier lieu d’un accord programmatique de fond. Cet accord existe et quoi que Montebourg puisse dire, il comprend la sortie du nucléaire. C’est signé. Même si ce point n’est pas le centre du programme qui s’attache d’abord à faire des propositions pour l’économie et l’emploi.

Pourquoi cette crispation sur la 2 e circonscription de Saône-et-Loire ?

La répartition s’est équilibrée au niveau régional. Au départ, il était question de réserver la 1 re circonscription à EELV mais le PS local a fait pression. Et ça a été finalement la 2 e.

La fédération a déjà indiqué qu’elle ne vous soutiendrait pas et ferait la campagne de sa candidate, Édith Gueugneau.

Je maintiens que je serai le candidat du PS et d’EELV. Montebourg essaie de nous enfumer. Mais le logo du PS sera sur mes affiches, pas sur celles d’Édith Gueugneau. Tant que l’accord ne sera pas dénoncé au niveau national, je considère qu’il s’applique en Saône-et-Loire. J’ajoute que j’aurais aimé qu’Édith Gueugneau soit ma suppléante. Mais le PS n’a pas voulu, tout comme il m’a refusé le droit de rencontrer les militants du Charolais pour leur exposer ma démarche. Je n’ai eu droit que de parler avec les barons socialistes locaux, très opposés à ma candidature.

Vous allez donc faire campagne sur la circonscription détenue par Jean-Marc Nesme. Que pensez-vous du député UMP ?

La principale critique concerne son inaction. Qu’a fait Jean-Marc Nesme dans le Charolais-Brionnais à part lutter contre le mariage homosexuel ? Je pense que les habitants ont d’autres problèmes plus urgents à surmonter que celui que d’empêcher les homos de se marier ! Jean-Marc Nesme est élu depuis 20 ans à l’Assemblée nationale. Il y a de quoi être usé. Et puis il faut arrêter avec cette image réactionnaire associée à ce territoire. Si le député est réactionnaire, la population ne l’est pas. Le Charolais, c’est d’abord un territoire industriel et agricole bien ancré dans le XXI e siècle.

Ne craignez-vous pas que la question du nucléaire soit un handicap sur un département où la filière emploie des milliers de salariés ?

Le seul avenir pour le nucléaire, c’est d’en sortir. Mais on a une solution pour Areva. Investir dans le démantèlement des centrales fournira de l’emploi pour plusieurs décennies. Et la mise en œuvre du bouquet énergétique créera de l’emploi dans les énergies renouvelables.

EELV s’opposera lundi au projet de ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon. Pourquoi ?

EELV est favorable au ferroviaire. Mais là, il s’agit de relier des grandes métropoles sans s’arrêter chez nous. Si l’état veut créer une LGV, qu’il la finance. Une LGV ne luttera pas contre le désenclavement ni ne créera de l’emploi.

Un mot sur la campagne de votre candidate Eva Joly ?

J’ai voté Hulot aux primaires mais je trouve Eva Joly de plus en plus courageuse et solide au fil de cette campagne. Je ne cache pas que j’ai peur quand je vois les sondages mais je reste optimiste car je la trouve juste et c’est ce que j’attends d’une présidente de la République.